• Maudite grève

    Plus je pense à toi, plus je me dis que jamais plus je ne te reverrais. Pourquoi donc fais-tu la grève ? Cette maudite grève, qui m'ôte tous mes rêves et m'empêche de vivre normalement. Dis-moi, je t'en prie. Dis-moi...

    Tu me manques. Oui, je crois bien que tu me manques horriblement. Je n'avais pas réalisé que tu avais autant de valeur. Tu sais, c'est dans l'absence que l'on reconnaît les qualités de quelqu'un et l'affection qu'on lui portait. Eh bien, c'est réussi, tu vois ! Plus qu'un simple fait, c'est une vérité: je ne peux vivre sans toi. Et je t'en supplie, ne ris pas, car, malheureusement, cette vérité est telle qu'elle a même été prouvée scientifiquement. Je ne plaisante pas quand je dis que tu m'es indispensable: admets-le, et reviens ! Mon corps te cherche, il te veut et te désire. Il n'attend que toi pour trouver le repos. Aucune autre personne ne me fait cet effet.

    Mais toi, au fond, tu t'en fous de moi; tu fais la grève, une fichue grève qui dure depuis plusieurs années déjà, et qui m'affaiblit de jours en jours. Pourquoi persistes-tu à me fuir ? Ne vois-tu pas que je suis à bout de force ?

    Chaque jour qui passe me semble n'être qu'une succession d'évènements. Tout ce qui m'arrive me dépasse. Et la nuit, bien sûr, c'est pire !... Ah, la nuit. Si tu savais comme les heures me paraissent être si courtes et si éternelles à la fois, une fois le jour tombé. La nuit, je ne dors pas, non. La nuit, je souffre de solitude. Car à ce moment là, je te le garantis, ce n'est pas seulement toi qui est absent, mais l'univers total des hommes. Imagine-moi, seul, dans le noir, suffocant de tristesse, sombrant dans des abysses sans noms, sans nulle personne pour me soutenir. Non, ça ne t'évoque rien, à toi. C'est impossible, tu es trop insouciant. Tu ne me comprends pas, sinon tu te déciderais enfin à venir me voir. La solitude et l'insomnie sont étroitement liées, tu sais. J'essaye donc, pour me consoler, de m'imaginer quelques fêtards s'adonner à des beuveries tardives, en même temps que je suis dans mon lit à me retourner encore et encore. Mais je n'y parvint pas: même quand je ne me couche pas seul, j'ai toujours l'obsession de savoir si l'autre est en train de dormir. Son silence m'est oppressant, mais s'il ronfle c'est encore pire ! A six heures du matin, je me dis que je suis certainement le seul dans ce foutu pays à n'avoir pas encore fermé l’œil de la nuit. Reviens, je t'en supplie ! Si tu savais le nombre d'examens que j'ai ratés à cause de toi...

    Et pourtant, j'essaye ! Je ferme les yeux, je pense à tout et n'importe quoi... Mais ça ne marche pas. Ca ne marche jamais. J'ai perdu la recette. Je suis jaloux de l'enfant insouciant que j'étais, qui s'endormait à peine la tête posée. Plus je pense à toi, plus je me dis que jamais plus je ne te reverrais. Pourquoi donc fais-tu la grève ? Cette maudite grève, qui m'ôte tous mes rêves et m'empêche de dormir normalement. Dis-moi, je t'en prie. Dis-moi. Est-ce parce qu'enfant, j'ai trop abusé de tes pouvoirs qu'adulte, tu n'as plus de sable à me donner ? Mon petit marchand de sable...

     

    20 septembre 2013.

     

     

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